Accéder au contenu principal

MOTS QUI BLESSENT, MOTS QUI SOUTIENNENT : LES 5 PHRASES À BANNIR

 Dans l'univers de l'allaitement maternel, le soutien de l'entourage est aussi précieux que le lait lui-même. Le thème de la Semaine Mondiale de l'Allaitement Maternel de cette année, "Prioriser l'allaitement : tisser des réseaux de soutien solides", nous rappelle que l'allaitement n'est pas un parcours solitaire. Pourtant, même avec les meilleures intentions, des mots peuvent blesser, semer le doute, et fragiliser la confiance d'une nouvelle maman.

Aujourd’hui est le 4e jour de cette semaine spéciale, et je vous emmène avec moi pour déconstruire ces phrases toutes faites que j’entends beaucoup dans mon entourage et qui, sous des airs de conseils amicaux, minent le moral et la persévérance. Pour faire partie de ce réseau de soutien solide et bienveillant, voici les 5 choses à ne jamais dire à une maman qui allaite.

Source: UNICEF/ Balikud Dembe

1. “Tu es sûre d'avoir assez de lait ? Il a l'air d'avoir encore faim.”

Cette phrase est sans doute la plus redoutée. Le simple fait de la prononcer peut déclencher un tourbillon d'inquiétude et de culpabilité. Un bébé pleure pour des dizaines de raisons : fatigue, inconfort, besoin de câlins... et pas seulement la faim. La production de lait s'adapte en fonction de la demande du bébé. En doutant de la qualité ou de la quantité de son lait, vous remettez en question la capacité même de la maman à nourrir son enfant.

2. “Ne le prends pas trop dans tes bras, il va s'habituer.”

Un nouveau-né a besoin de contact physique et de sécurité. Les bras de sa mère sont son premier foyer. Ce n'est pas un caprice, mais un besoin fondamental. C'est en étant rassuré que le bébé construira sa confiance. L'allaitement et le portage sont des moments privilégiés pour renforcer ce lien unique.

3. “Moi, je donnais le biberon, c'est tellement plus pratique !”

Chaque expérience est unique. Comparer l'allaitement au biberon, même pour mettre en avant une praticité, est décourageant. Le choix de la mère d'allaiter exclusivement est personnel et mérite d'être respecté sans jugement ni comparaison.

4. “Tu devrais lui donner un biberon, juste pour qu'il fasse ses nuits.”

Cette proposition est souvent faite avec une bonne intention, celle de vouloir que la maman se repose. Mais l'ajout d'un biberon de lait en poudre peut perturber l'équilibre délicat de la production de lait maternel et du cycle d'allaitement. Il existe d'autres moyens de soutenir le repos de la maman, qui n'interfèrent pas avec son allaitement.

5. “Quand vas-tu t'arrêter ? Ça ne va pas durer éternellement, quand même…”

La durée de l'allaitement appartient à la mère et à l'enfant. Qu'il dure quelques semaines, quelques mois, ou plusieurs années, son choix doit être soutenu, et non remis en question. Poser cette question insinue qu'il y a une date de péremption à l'allaitement, ce qui n'est pas le cas.

Savoir quoi ne pas dire est la première étape pour devenir un allié précieux. Mais le soutien se mesure aussi par les actions. C’est pourquoi l’UNICEF, en collaboration avec le gouvernement ivoirien et avec le soutien financier du Canada, mène des actions de sensibilisation sur toute l’étendue du territoire national afin de soutenir l’allaitement maternel exclusif jusqu’à six mois. Dans mon prochain article, j'aborderai les 5 choses à toujours faire pour être une force positive et un véritable pilier pour une maman qui allaite.

Commentaires

Anonyme a dit…
Merci beaucoup d'avoir éclairé ma lanterne.
Ça me permettra de faire attention à ce que je dirai à une maman 🥰.
Akanji a dit…
Pas de quoi, heureux de savoir que l'article vous est utile.

Posts les plus consultés de ce blog

LE RÔLE DU PARTENAIRE DANS L'ALLAITEMENT MATERNEL

L'allaitement maternel est une expérience profondément personnelle entre une mère et son enfant, mais le rôle du partenaire dans cette aventure est d'une importance capitale. Dans cet article, nous explorerons comment le partenaire peut offrir un soutien précieux et renforcer le lien familial tout en accompagnant la mère dans son parcours d'allaitement. 📸iStockphoto/ FatCamera 1. Éduquer et soutenir L'une des premières étapes pour un partenaire consiste à s'informer sur l'allaitement maternel. Comprendre les avantages pour la mère et le bébé ainsi que les défis potentiels est essentiel. Soutenir la décision de la mère d'allaiter est un signe de respect et d'encouragement. 2. Encourager la mère L'allaitement peut être exigeant, physiquement et émotionnellement. Le partenaire peut jouer un rôle crucial en encourageant la mère, en la rassurant et en la félicitant pour ses efforts. Des paroles de soutien peuvent renforcer sa confiance. 3. Partager les t...

TRAORE FATOUMATA, LA VOIX DE L'ALLAITEMENT MATERNEL A BOUAKE

A l’occasion de la Semaine Mondiale de l’Allaitement Maternel du 1er au 7 août dernier, je me suis rendu à la maternité Dar-es-Salam de Bouaké où la voix de la sage-femme Traoré Fatoumata résonne avec conviction. Depuis des années, elle consacre son expertise à promouvoir l'allaitement maternel exclusif, un geste simple mais essentiel pour la santé et le développement des nourrissons. Au quotidien, elle accompagne les mères et les sensibilise à l'importance de nourrir exclusivement leurs bébés au sein pendant les six premiers mois de leur vie. Akanji et la sage-femme Traoré «L'allaitement maternel, c'est bien plus qu'un simple acte nutritionnel, c'est un lien unique entre la mère et son enfant» , affirme la sage Traoré. Son parcours professionnel l’a amenée à constater l’importance cruciale de cet acte pour la santé et le développement des nourrissons. «Quand j'étais en formation, j'ai moi-même été sensibilisée par mes enseignants. Et quand je suis sorti...

LE MYTHE DU «MAUVAIS LAIT»

Quand j’ai commencé à m’intéresser à l’allaitement maternel exclusif en août 2023, je suis tombé sur des phrases qui revenaient souvent : «Mon lait n’était pas bon.» «Il n’était pas assez nourrissant.» «Le bébé pleurait tout le temps, donc j’ai arrêté.» Akanji Musilim et trois femmes du groupe de soutien à l'allaitement maternel du CSU de Diezoukouamekro (Bouaké) Et à chaque fois, j’avais l’impression qu’on parlait d’un produit défectueux. Comme si le lait maternel pouvait être "bon" ou "pas bon", comme une bouteille de jus au supermarché. Alors j’ai creusé. J’ai posé des questions. J’ai lu. Et j’ai compris qu’on touche là à l’un des plus gros malentendus autour de l’allaitement maternel. Il n’existe pas de «mauvais» lait maternel Ce qu’on appelle le «bon lait» ou le «mauvais lait», c’est souvent un mélange de doutes, de fatigue, de manque d’information… et parfois de pression sociale. La vérité, c’est que toutes les femmes produisent un lait adapté à leur bébé....